Week-end de ressourcement, WE Thana
- Sylvie, Thérapeute, Thanadoula Palliathérapeute

- 4 mai
- 5 min de lecture
Le Passage : un retour vers son essence

Une semaine s'est écoulée depuis que les portes de la Maison des Légendes se sont refermées sur notre dernier week-end Thana. Ce séjour, baptisé Le Passage, reste encore vivant en chacun de nous. Il faut dire que tout était réuni pour faire de ces quelques jours, un moment inoubliable. Même la nature du lieu nous a enveloppés de sa lumière et de sa chaleur, nous permettant de vivre l'intégralité de cette expérience en extérieur, au plus près des éléments.
Avant de continuer, je voulais remercier, ici, les participants pour leur témoignage à partir desquels j'ai écrit ce qui suit. Je remercie également Oliana, or-photographie pour sa présence et sa sensibilité que vous retrouverez ou découvrirez dans les photos illustrant cet article de blog.
Retrouvailles avec le lieu
Le choix de la Maison des Légendes n'avait rien d'anodin. J'en avais parlé dans différentes publications, l'idée de ce retour était bien présente mais elle m'a demandé un certain temps de maturation avant validation. J'ai employé ce délai à ce que j'ai fait de mieux, ouvrir mon champ de compréhension aux enjeux de chacun et prendre le recul indispensable pour envisager de revenir, après des décisions passées vécues comme injustes. Dès mon arrivée, la joie m'a envahie. Le lien au lieu et la familiarité avec la maison se sont posés naturellement, portés par une connexion douce avec la nature environnante. J'ai su alors ce qui m'avait attirée une nouvelle fois ici… la puissance de la beauté et de la simplicité.
Je me suis sentie, une nouvelle fois, exactement à ma place. J'avoue qu'observer l'alchimie entre les participants et ce lieu magique a été une source de bonheur profond. Revenir ici n'était pas seulement un retour dans une maison, cela marquait le retour vers une harmonie où le cœur et la paix l'emportent.
C'est ce lien au vivant qui m'invite à aller au-delà de la simple expérience souffrante pour privilégier l'ouverture et la rencontre.
Ce cadre apaisé était le point d'ancrage nécessaire pour ouvrir l'espace de rencontre.

La clarté de l'intention
Le premier après-midi de notre séjour, nous avons consacré un temps essentiel à définir et clarifier l'intention de chaque participant. Moi-même marquée par l'impact de la proposition faite lors du WE Thana Voix, de décembre dernier, j'ai décidé de la renouveler. Ce temps de clarification s'est donc divisé en un moment en groupe et un moment en solo, le groupe étant pour la durée impartie et non définie en autonomie.
Le tête-à-tête avec moi, sous l’œil attentif d'Oliana, a permis de poser la bonne grille de lecture sur ce qui devait se vivre au cœur de l'expérience engagée.
Dans mon accompagnement, poser une intention consiste à donner une direction claire à son voyage intérieur et surtout à mieux naviguer entre l'extérieur et l'intérieur. Sans ce cap, le vécu peut rester flou, insaisissable, alors qu'avec lui, il devient un enseignement et une boussole.
De l'intérieur de l'autre au cœur de soi
Une fois la direction posée, chacun a pu et a su s'engager dans le mouvement qui mène vers l'exploration de sa propre histoire.
Le concept du passage renvoie souvent à la naissance. Un soin individuel m'a fait prendre conscience que lors de la mise au monde, nous quittons un intérieur qui était pourtant déjà notre extérieur, puisque nous étions dans le ventre d'une autre. Cette venue au monde nous invite à découvrir un extérieur plus vaste et surtout elle nous offre de découvrir notre propre intériorité. Nous vivons l'intérieur de l'autre comme notre propre intérieur... à méditer.
Ce mouvement de bascule est le cœur même de mon métier de thanadoula thérapeute .
Au cours d'un échange avec le groupe de l'accompagnement Suivi Thana, une autre chose m'a interpellée. Une phrase a résonné avec force en moi : « je veux vivre mon essence ». En la prononçant à voix haute, la magie a opéré et mon oreille a entendu une autre vérité tout aussi profonde : « je veux vivre ma naissance ». Vous pouvez vous amuser à prononcer la première phrase citée, plusieurs fois, sentir et ressentir.
Ce glissement sémantique, plus souvent utilisé pour varier le vocabulaire d'un article de blog par exemple, me semble révéler l'objectif secret de notre cheminement : renaître à soi-même. Aurélie exprime avec justesse que le deuil ne concerne pas uniquement la perte d'un être cher mais qu'il touche aussi ces parts de nous que nous laissons en chemin. Dans le cadre sécurisé du week-end, elle a pu voir les blessures de ses pertes réelles et symboliques être accueillies et transformées.

Un accompagnement en douceur
Dans cet espace sécurisé, mon rôle de thanadoula thérapeute est d'éclairer sans jamais brusquer. J'adapte ici les mots d'Aurélie : quand tout semble trop profondément enfoui, mon rôle est d'allumer de petites lumières pour guider sans rien imposer. Ce travail permet de mettre en lumière les mécanismes que notre système a installés pour nous permettre de vivre, ou parfois de survivre, face aux traumatismes. Nous apprenons à les comprendre et à les accueillir sans jugement, afin de leur redonner une place plus juste et plus douce dans notre histoire.
Le deuil touche aussi ces parts que nous abandonnons au bord du chemin parce que souvent trop lourdes, ces blessures silencieuses qui demandent à être apaisées.
Dans cet espace particulier des WE Thana, même si l'éclairage est individuel, il prend toute son intensité au sein de la force du collectif et rayonne ainsi au service de tous.
Onze ou l'alchimie du Seul Ensemble
Pour ce voyage, nous étions onze : neuf participants, Oliana et moi-même. Le chiffre onze porte en lui la symbolique puissante, que j'affectionne, du « Seul Ensemble ».
Il marque le passage de l'union par la fusion vers l'affirmation de l'individualité au sein du groupe.
Nous avons ainsi expérimenté concrètement cette notion du « Seul Ensemble ». Marie-Christine décrit parfaitement cette sensation d'avancer seule tout en étant portée par la bienveillance collective. Cette nouvelle perception des choses permet à chacun d'aller à son propre rythme, dans une liberté totale de mouvement et de ressenti. Elle offre aussi de circuler dans son histoire sans se sentir intrusé mais plutôt porté.

Un équilibre naturel et un regard sublimé
La présence de trois hommes dans le groupe a apporté un équilibre précieux dans tout ce qui s'est vécu, aussi bien pendant les ateliers que dans les moments de pause.
Sous un soleil éclatant et constant, la présence d'Oliana, or-photographie, et son art de la photographie ont ajouté une dimension supplémentaire à l'expérience. Son regard de photographe intuitive associé à sa sensibilité a capté l'invisible et je dirais même, l'indicible. Elle a su, une nouvelle fois, retranscrire avec respect les émotions et les silences profonds, nécessaires. Ses photographies ne sont pas de simples souvenirs, elles deviennent des ancrages qui permettent, à chacun, à son rythme, de replonger dans l'intensité des moments partagés. Comme le souligne Aurélie, Oliana immortalise l'essence de ces instants souvent imperceptibles par les participants sur le moment.

Aujourd'hui, j'apprécie cette mise en lumière par l'image. Elle rejoint le fait que le regard extérieur sert de miroir afin que chaque participant puisse se regarder lui-même.
L'ancrage d'une présence authentique
Le WE Thana, le passage est une invitation à une communion avec soi-même. Sylvie a résumé cette expérience à travers un acrostiche où le mot « passage » devient un chemin allant de l'accueil à la gratitude, en passant par la sollicitude et l'amour. Ce chemin est jalonné d'étapes pleines de sens telles que l'accueil, la présence... Pour elle, ce week-end a été l'occasion de s'accueillir dans sa vulnérabilité et ses ondulations. Tel un défi relevé, elle a su s'habiter, habiter son corps et finalement habiter sa vie.
Ces quelques jours partagés ont été un temps fort, rempli de tout le chemin parcouru, par chacun, jusqu'à aujourd'hui.
Ce WE Thana, Le Passage offre un nouveau regard, un second souffle.
Chaque participant repart avec un trésor précieux, une clarté retrouvée sur ce qui lui semblait flou, incompréhensible ou encore inaccessible.
La transparence a laissé passer ce qui devait l'être.
Le chemin continue maintenant un pas après l'autre vers une présence à soi toujours plus authentique.
Seul Ensemble






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