Fin de vie et deuil
- Sylvie, Thérapeute, Thanadoula Palliathérapeute

- 10 août
- 2 min de lecture
Le témoignage de Béa

Pendant longtemps, j’ ai eu peur de la mort, une peur sourde, tenace. Le soir, au moment de me coucher, l’angoisse montait et si je ne me réveillais pas !
L’inconnu me terrifiait.
Je me débattais avec des questions sans réponse. Et plus j’essayais de les faire taire, plus elles prenaient de la place.
Puis j’ ai rencontré Sylvie, Sylvie Di Scala, elle est thanadoula, une accompagnante de la fin de vie et du deuil.
Avec elle, j’ai rejoint des ateliers où chacun partageait sa vision de la mort. J’ai partagé des week-ends dédiés à ce thème que l’on évite de nommer, c’était un espace d’écoute et de transmission mais aussi d’expériences sensibles : un tambour qui ancre, la voix qui relit, le dessin qui ouvre des chemins quand les mots manquent.
C’ est difficile d’expliquer tout le cheminement. Il n'y a pas eu un déclic magique, ni une recette, plutôt des pas lents et parfois hésitants.
J’ ai appris à regarder ma peur sans la fuir, à lui faire une place pour qu’elle cesse de prendre toute la place.

J’ ai découvert que parler de la mort, c’est parler de la vie, de ce qui compte, de ce qu’on veut léguer, des liens qu’on tisse. Peu à peu, l’inconnu a changé de visage. Il n’est pas devenu certain ou contrôlable mais il est devenu habitable.
J’ ai trouvé des repères : le souffle, le rythme du tambour, la chaleur d’un groupe et ces gestes simples qui ramènent au présent. J’ ai compris que la peur n’est pas un échec, c’est une part de nous qui demande de l’attention.
Aujourd’hui, je n’ai pas vaincu la peur mais je la connais mieux. Elle ne me paralyse plus le soir. Je peux me coucher avec plus de douceur, avec la conscience que la vie a un début et une fin et que c’est précisément cela qui lui donne sa saveur.
J’essaie d’honorer ce temps qui m’est donné, dire “je t’ aime ” quand c’est le moment, demander pardon quand il faut, oser créer, oser choisir.

Si je vous partage cela, ce n’est pas pour donner des leçons mais pour témoigner.
Il est possible d’apprivoiser l’inquiétude par la parole, par le corps, par l’ art, par la présence.
Merci donc à Sylvie, pour son accompagnement.
Et merci à celles et ceux qui ont partagé leurs histoires, leurs larmes et leurs rires.
Vous m’avez appris que la mort n’interrompt pas le lien, elle nous rappelle de le vivre pleinement tant qu’il est là.
Nous ne savons pas tout et c’est d’ accord.
Entre le premier souffle et le dernier, il y a un espace à remplir de sens, de tendresse et de courage. C’est là que je choisis de mettre mon énergie, un pas après l’ autre.
Merci à tous.
** Merci à toi Béa pour ton témoignage et tes mots porteurs d'espoir.
Crédit photo - or-photographie





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